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La classe ouvrière dans la France des Trente Glorieuses

Publié le par MG

Les usines Renault, haut lieu de la lutte ouvrière en Seine-Maritime ont toujours employé de nombreux immigrés.

Les usines Renault, haut lieu de la lutte ouvrière en Seine-Maritime ont toujours employé de nombreux immigrés.

Les années 1950 et 1960 marquent l’apogée quant aux effectifs des ouvriers. En effet, les effectifs ont progressé de deux millions, passant de 6,5 millions dans les années 1950 à 8,5 millions d’ouvriers dans les années 1970. Ce dernier chiffre ne sera plus dépassé. En valeur relative, ils représentent 38 % des actifs. La reconstruction et les besoins en main d’œuvre durant les Trente Glorieuses expliquent cette progression. Cette main d’œuvre ouvrière est composée également de femmes et d’immigrés.

Le monde ouvrier connaît une mutation : dès les années 1950, l’ouvrier de type O.S. augmente en numérique. Ce travail standardisé et parcellisé (le fordisme) s’est généralisé. Les ouvriers qualifiés ou ouvriers professionnels et les contremaîtres existent mais en nombre plus limité. Le changement industriel se met en place dans les années 1960. Les mines et le textile, secteurs anciens de la première industrialisation connaissent un long déclin qui accompagne celui de l’organisation et de la forte identité de ces mineurs et ouvriers du textile. Les quartiers ouvriers des villes sont également en déclin : les ouvriers se répartissent à présent dans les grands ensembles de la périphérie urbaine. Tout un tissu social avec ses solidarités disparaît. Les années 60 sont marquées par de grandes grèves dures, comme celles du Pas-de-Calais par exemple. D’autres branches industrielles (industries électroniques, agroalimentaires et automobile) embauchent des O.S.. Ces industries (Moulinex, Thomson…) sont organisées selon le modèle fordiste.

Les Trente Glorieuses sont des années d’amélioration sensible du niveau de vie des ménages ouvriers. Ceux-ci entrent dans la société de consommation. Après 1960, les ouvriers constatent l’augmentation de leur niveau de vie, d’autant plus que l’Etat-Providence contribue largement à cette amélioration en revalorisant les allocations sociales. Les ouvriers accèdent aussi au crédit, à l’automobile (les constructeurs développent alors des voitures populaires telles que la 4 CV en 1947 et la 2 CV en 1948), au téléviseur, aux HLM et aux congés payés (troisième semaine dans les années 50). En revanche, le niveau de vie de l’O.S. reste plus faible.

Une permanence demeure : la faiblesse de la syndicalisation. La CGT reste la première centrale syndicale avec deux millions d’adhérents. Mais de nouveaux syndicats émergent : la FO en 1947 (antimarxiste et anticommuniste) et la CFDT en 1964.

 

MG - 20 juin 2015. Remerciements à Anne Inglebert, professeure agrégée.

 

Lire aussi :

- Les mondes ouvriers dans la France du XIXe siècle ;

- Les ouvriers français de la deuxième industrialisation ;

- La valorisation du monde ouvrier chez Fernand Léger et Jean Fautrier.

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