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Léon Lehuraux (1885-1956), méhariste anichois

Publié le par MG

Conférence de Jean-René Genty sur Léon Lehuraux (1885-1956) méhariste anichois à la Bibliothèque municipale de Douai le 5 mars 2016. L'illustration en noir et blanc projetée montre Léon Lehuraux à l'Exposition coloniale à Paris en 1931.

Conférence de Jean-René Genty sur Léon Lehuraux (1885-1956) méhariste anichois à la Bibliothèque municipale de Douai le 5 mars 2016. L'illustration en noir et blanc projetée montre Léon Lehuraux à l'Exposition coloniale à Paris en 1931.

La boutique du père de Léon Lehuraux à l'angle de la Grand'Place à Aniche et celle de l'oncle de Léon Lehuraux située sur l'actuelle rue du Général Delestraint) à Aniche vers 1900 - Photos : Francis Auversaque et Société d'histoire d'Aniche. Lettre écrite par la veuve Lehureaux-Dangleterre datant de 1922 (source : Francis Auversaque).
La boutique du père de Léon Lehuraux à l'angle de la Grand'Place à Aniche et celle de l'oncle de Léon Lehuraux située sur l'actuelle rue du Général Delestraint) à Aniche vers 1900 - Photos : Francis Auversaque et Société d'histoire d'Aniche. Lettre écrite par la veuve Lehureaux-Dangleterre datant de 1922 (source : Francis Auversaque).La boutique du père de Léon Lehuraux à l'angle de la Grand'Place à Aniche et celle de l'oncle de Léon Lehuraux située sur l'actuelle rue du Général Delestraint) à Aniche vers 1900 - Photos : Francis Auversaque et Société d'histoire d'Aniche. Lettre écrite par la veuve Lehureaux-Dangleterre datant de 1922 (source : Francis Auversaque).

La boutique du père de Léon Lehuraux à l'angle de la Grand'Place à Aniche et celle de l'oncle de Léon Lehuraux située sur l'actuelle rue du Général Delestraint) à Aniche vers 1900 - Photos : Francis Auversaque et Société d'histoire d'Aniche. Lettre écrite par la veuve Lehureaux-Dangleterre datant de 1922 (source : Francis Auversaque).

1885 : naissance le 29 décembre de Léon Lehuraux à Aniche. Issu d'un milieu modeste, du « milieu de la boutique », son père, Léon (1858-1920), marié à Marie Denizart (1861-1899) puis à Jeanne Dangleterre (1870-1952), est cordonnier. La maison familiale et commerciale se trouve sur la Grande Rue (actuelle rue Barbusse) à l'angle de la Grand'Place. Son oncle, Alfred Lehuraux (1844-1929), est également commerçant dans la rue de l'Union, face à la Place Faidherbe (actuelle Pyramide).

Catholique pratiquant, Léon Lehuraux est convaincu de la supériorité du christianisme sur les autres religions. C'est pourquoi, il est favorable à l'évangélisation de l'Afrique au travers de missions.

1904 : Léon renonce à devenir médecin et s'engage pour trois ans dans le 1er Régiment de Zouaves à Alger.

1906 : en septembre son régiment participe à des manœuvres au Sud de l'Algérie. On dit de lui qu'il « est fait pour aller dans le vrai Sud ». Quelques mois plus tard, il revient à Aniche et reçoit un avis favorable à sa demande d'être méhariste dans une compagnie saharienne.

1907 : il intègre au Sahara l'une des cinq compagnies méharistes créées en 1902. Avec cette troupe mobile, il mène une vie de nomade.

1912 : devenu adjudant, il joue un rôle important dans l'encadrement des compagnies sahariennes.

1916-1917 : il participe aux combats contre la révolte des Touaregs. Il est promu au grade de lieutenant.

1920 : il se marie avec une fille d'un magistrat et entame une carrière administrative.

1926 : il est promu au grade de capitaine.

1936 : il est nommé chef de bataillon puis adjoint au chef du Service des affaires indigènes du Gouvernement général de l'Algérie.

1942 : le commandant Léon Lehuraux prend sa retraite. Il sera, par la suite, élu Délégué du Sahara à l'Assemblée algérienne.

1945 : Léon Lehuraux est promu Directeur des Territoires du Sud en Algérie.

1951 : il est décoré, le 18 janvier, de la Légion d'Honneur.

1956 : il meurt le 8 juin à Alger.

Portrait de Léon Lehuraux conservé à la Société d'Histoire d'Aniche.

Portrait de Léon Lehuraux conservé à la Société d'Histoire d'Aniche.

Ecrivain colonial prolixe, ses ouvrages traitent essentiellement du Sahara. Il publie ainsi des textes sur l'armée, sur l'usage des engins motorisés dans le désert, des articles d'économie sur la mise en valeur des territoires du Sud, sur Le palmier-dattier du Sahara algérien (1945), des biographies (Au Sahara avec le Commandant Édouard Charlet en 1932 ; Le Conquérant des Oasis. Colonel Théodore Pein en 1935 ; Au Sahara avec le Père Charles de Foucauld en 1944 ; Laperrine le saharien en 1947, par exemple), des textes touristiques (Bou-Saâda, cité du bonheur, 1934), des études à vocation historique ou sociologique (Islam et Chrétienté en Algérie, 1949).

Léon Lehuraux rapporte ce qu'il observe en Algérie. Ses interprétations sont toujours celles d'un officier français catholique. Il écrit même sur le tombeau de Tin Hinan (1926), reine-mère guerrière, fondatrice des Touaregs, et muse des hommes bleus du désert. Marqué par l'écriture et les thèmes de Pierre Loti, son style reste fleuri, chantourné, assez vieilli et ses propos s'inscrivent dans la perpétuation du mythe du désert depuis Napoléon.

Elu Délégué du Sahara à l'Assemblée algérienne, ses textes deviennent de plus en plus politiques. Dès la commande de l'ouvrage Musulmans 1938. Un mariage arabe dans le sud algérien en 1938, il développe une vision essentialiste de la population de l'Afrique du Nord en reprenant l'opposition berbère-arabe édifiée depuis Louis Faidherbe (1818-1889). Il ne cesse de raccrocher les événements de l'actualité à des faits très anciens. Proches de l'amalgame, ses propos sont souvent très violents.

Son oeuvre est principalement publié en Agérie et lu par les notables de son époque. Connu et reconnu par ses contemporains, Léon Lehuraux remporte quelques prix littéraires : le prix Marcelin Guérin de l'Académie française en 1936 pour Le Conquérant des Oasis. Colonel Théodore Pein et le Grand Prix littéraire de l'Algérie en 1949.

Dédicace de Léon Lehuraux au Préfet d'Alger Camille Ernst sur une page de livre. Source : priceminister.com

Dédicace de Léon Lehuraux au Préfet d'Alger Camille Ernst sur une page de livre. Source : priceminister.com

Source : site d'Orléans ville et de sa région.
Source : site d'Orléans ville et de sa région.

Source : site d'Orléans ville et de sa région.

Officier méhariste comme Henry Laperrine (1860-1920), emblématique du système républicain, son heure de gloire arrive avec la guerre du Sahara en 1917. Qualifié à tort d'ethnologue, Léon Lehuraux demeure un vulgarisateur prolixe, incapable de se décentrer dans la formulation de ses idées.

 

MG d'après la conférence de Jean-René Genty sur Léon Lehuraux (1885-1956), méhariste anichois à la Bibliothèque municipale de Douai, le 5 mars 2016.

Léon Lehuraux, "Le Conquérant des Oasis - Colonel Théodore Pein", Editions Plon, 1935.

Léon Lehuraux, "Le Conquérant des Oasis - Colonel Théodore Pein", Editions Plon, 1935.

Actes de naissance, de mariage et de décès de la famille Lehuraux - Archives départementales du Nord.Actes de naissance, de mariage et de décès de la famille Lehuraux - Archives départementales du Nord.Actes de naissance, de mariage et de décès de la famille Lehuraux - Archives départementales du Nord.
Actes de naissance, de mariage et de décès de la famille Lehuraux - Archives départementales du Nord.Actes de naissance, de mariage et de décès de la famille Lehuraux - Archives départementales du Nord.Actes de naissance, de mariage et de décès de la famille Lehuraux - Archives départementales du Nord.
Actes de naissance, de mariage et de décès de la famille Lehuraux - Archives départementales du Nord.Actes de naissance, de mariage et de décès de la famille Lehuraux - Archives départementales du Nord.Actes de naissance, de mariage et de décès de la famille Lehuraux - Archives départementales du Nord.

Actes de naissance, de mariage et de décès de la famille Lehuraux - Archives départementales du Nord.

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