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Quelques aspects de la vie agricole anichoise dans la première moitié du XXe siècle

Publié le par MG

Le Champ de la Nation à Aniche. Photo non datée appartenant à Jean-Claude Denis.

Le Champ de la Nation à Aniche. Photo non datée appartenant à Jean-Claude Denis.

Si les mines de houille, la fabrique de produits chimiques et la dizaine de verreries ont transformé au début de XXe siècle la commune d'Aniche en un bourg industriel, le paysage reste rural. Les quelques 8000 habitants empruntent encore des trottoirs de terre battue devant de nombreuses chaumières et fermes où l'on entend mugir les vaches et hennir les chevaux de trait.

De 1900 à 1914, les cultivateurs forment une corporation importante. On ne compte pas moins d'une trentaine de fermiers installés dans presque toutes les rues d'Aniche : G. Crunel, A. Mortelette, C. Bertinchamps (décédé en 1910) ou L. Six (jusqu'en 1903) dans la rue Thiers (actuelle rue Barbusse), H. Laudoux et J. Buisset dans la rue Patoux, A. Tanchon dans la rue de la Mairie (actuelle rue J. Jaurès), G. Lefort dans la rue du Marais (actuelle rue Gaspart), Poulain dans la rue Delhaye (actuelle rue du Général Delestraint), H. Lefebvre dit « le quart de 4 heures » dans la rue de Lorraine, P. Desse dans la rue de Marcq (actuelle rue R. Verrier), F. Denis dans la rue d'Azincourt (actuelle rue Rousselin), F. Carpentier dans la rue d'Aoust (actuelle rue J. Jaurès), Kuntz dans la rue Lanvin, C. Galland et Prévost dit « A l'tarte » sur le Boulevard (actuel boulevard P. Vaillant-Couturier)...

La ferme Laudoux dans la rue Patoux à Aniche le 16 mars 1910.

La ferme Laudoux dans la rue Patoux à Aniche le 16 mars 1910.

Ce monde paysan est fortement requis lors de l'occupation allemande de 1914 à 1918. En effet, durant le conflit les récoltes et le bétail, d'abord réquisitionnés, sont appropriés par l'ennemi. Le blé, par exemple, fait l'objet d'une stricte réglementation dès le 13 juillet 1915 comme en témoigne cet avis : « Tout le blé de la commune appartient à l'autorité allemande. Tout prélèvement est strictement défendu. Elle décide seule de la moisson, le battage, les machines, le stockage. » Il en va de même des autres productions et du bétail.

Fermiers anichois requis par les Allemands pour le le fumier en 1917.

Fermiers anichois requis par les Allemands pour le le fumier en 1917.

La vie anichoise reprend son cours normal dans les premières années 1920. Les cheminées des usines fument au-dessus des champs que l'on cultive en famille. Cependant, les petites propriétés diminuent. Les autres bénéficient des premiers progrès agricoles (engrains, machines...). Le niveau de vie des paysans s'améliore vers la fin des années 1920. Et, en dépit de la crise économique de 1929 qui fait s'effondrer les prix agricoles, notamment des céréales et de la viande, l'on continue l'activité en suspendant les investissements et en renouant avec une agriculture de subsistance.

Alexandre DELILLE, dit "Le Baron (grand-père maternel de Jean-Marie Delval) dans les champs derrière le cimetière du Sud à Aniche. Photographie datant probablement des années 1930.

Alexandre DELILLE, dit "Le Baron (grand-père maternel de Jean-Marie Delval) dans les champs derrière le cimetière du Sud à Aniche. Photographie datant probablement des années 1930.

Moisson à Aniche en 1935.

Moisson à Aniche en 1935.

Battage à Aniche chez Lefort en 1935.

Battage à Aniche chez Lefort en 1935.

Attelage de deux chevaux et intérieur de la cour de la ferme Laudoux à Aniche en 1935.
Attelage de deux chevaux et intérieur de la cour de la ferme Laudoux à Aniche en 1935.
Attelage de deux chevaux et intérieur de la cour de la ferme Laudoux à Aniche en 1935.

Attelage de deux chevaux et intérieur de la cour de la ferme Laudoux à Aniche en 1935.

Le Champ de la Nation à Aniche en 1935 - Photo : Maxime Quévy.

Le Champ de la Nation à Aniche en 1935 - Photo : Maxime Quévy.

Travail aux champs près de l'ancienne fosse d'Aoust à Aniche en août 1938 - Documents ; Didier De Cooman.
Travail aux champs près de l'ancienne fosse d'Aoust à Aniche en août 1938 - Documents ; Didier De Cooman.

Travail aux champs près de l'ancienne fosse d'Aoust à Aniche en août 1938 - Documents ; Didier De Cooman.

Aniche : famille Poulain avec un cheval blanc, date non connue ; attelage avec la famille Poulain, 1940.
Aniche : famille Poulain avec un cheval blanc, date non connue ; attelage avec la famille Poulain, 1940.

Aniche : famille Poulain avec un cheval blanc, date non connue ; attelage avec la famille Poulain, 1940.

Mais la Seconde Guerre mondiale interrompt brutalement cette tranquillité. Dès l'automne 1940, la nourriture devient rare. Pour avoir du blé, du beurre ou de la viande auprès des fermiers, on procède au troc, au marché noir. On vole la nuit certains plants de pommes de terre. L'élevage individuel de lapins, de poules, de canards, de cochons devient courant. Certains cultivent le tabac. Le café est remplacé par l'orge... L'on se rend même à vélo en Belgique pour chercher ce dont on a besoin pour manger mais aussi pour échanger avec les villages environnants.

Moisson à Aniche, 30 juillet 1941.

Moisson à Aniche, 30 juillet 1941.

A partir des années 1950, ce petit monde rural connaît quelques bouleversements. L'agriculture se modernise. Le métier change considérablement : il faut investir pour rentabiliser son affaire. Devant une telle gestion, tous les enfants de « fermiers » ne souhaitent pas reprendre l'exploitation terrienne des parents. De plus, la ville d'Aniche connaît une explosion démographique qui nécessite la construction de logements sur les terres labourables rachetées par la municipalité. Ainsi, le Champ de la Nation deviendra à partir de la fin des années 1960 ce trait d'union bâti entre les habitations ouvrières du quartier de la Verrerie d'En-Haut , le Hameau d'Azincourt et le centre-ville.

 

Texte : MG. 5 septembre 2016.

Sauf mention contraire, toutes les photos proviennent de la Société d'Histoire d'Aniche.

La famille Saintobert moissonnant à Aniche en 1950.

La famille Saintobert moissonnant à Aniche en 1950.

Constant Delval sur son tracteur dans les années 1950. Sa ferme est joutours située dans la rue Verrier à Aniche. Depuis 2017, sa petite fille, Nathalie, poursuit l'exploitation agricole, notamment pour la vente directe de viande locale.

Constant Delval sur son tracteur dans les années 1950. Sa ferme est joutours située dans la rue Verrier à Aniche. Depuis 2017, sa petite fille, Nathalie, poursuit l'exploitation agricole, notamment pour la vente directe de viande locale.

Champ de blé derrière le Boulevard Drion, date non connue.

Champ de blé derrière le Boulevard Drion, date non connue.

Le Champ de la Nation à Aniche, date non connue. Photo appartenant à Jean-Claude Denis.

Le Champ de la Nation à Aniche, date non connue. Photo appartenant à Jean-Claude Denis.

Silo à grain rue Delestraint vu de la rue Jaurès à Aniche vers 1960.

Silo à grain rue Delestraint vu de la rue Jaurès à Aniche vers 1960.

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