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La despedida de Vélasquez

Publié le par MG

En fin de matinée, l'abrivado fut l'occasion pour le manadier de parader au galop sa fièreté dans les ruelles du village. Qu'il est loin le temps où les gardians redoutaient les vociférations et intentions des attrapaïres ! Bien qu'emmaillé dans le groupe des six encornés suivant docilement le vieux simbéu au cou duquel pendait une sonnaille, Vélasquez - le "Seigneur de Camargue" -, affichait clairement le prestige de la Raço di biou et forçait à lui seul l'admiration de la foule. Le soleil atteignait son zénith et la poussière dorée soulevée par les sabots des chevaux à robe blanche et des taureaux au pelage noir se répandait jusque dans les intérieurs des cabanes.

L'après-midi, dans l'arène, l'excitation des curieux se conjuguait aux calculs des commerçants locaux pour chiffrer les bonnes mises qui garantiraient leur affaire et celle de celui qui parviendrait à ôter cocarde, glands et ficelle fixés sur le frontal du célèbre et non moins redoutable Vélasquez. L'èr di biou sonna enfin Le Rassemblement. Hors du toril, surpris par la lumière extérieure, le taureau emboulé s'élança pour prendre ses repères à tort. Oh ! Il marqua, à la déconvenance des afeciouna, un arrêt. A la seconde sonnerie de trompette, la présidence veilla et prit note. Ah ! Elle remarqua, malgré les efforts des tourneurs, la décontenance du raseteur qui ne put infléchir la charge de la bête et lui ravir les attributs tant primés. Carmen ne chanta ce jour que pour le cocardier.

A la fin de la course, l'ouverture de la porte du toril offrit une liberté à l'animal que son propriétaire n'aurait pu soupçonner. Livré à lui-même après avoir traversé à toute allure le village comme l'exige la coutume de la bandido, Vélasquez ne rejoignit jamais le Bouvaou. On prétend aujourd'hui que le "Seigneur de Camargue" règne secrètement sur la lande salée et marécageuse où poussent le roseau et la salicorne, où s'élèvent le long des roubines quelques rares buissons d'olivier de bohème et de tamaris. Quiconque s'aventure en ces lieux reconnaîtra notre taureau à sa marque sur la cuisse droite et l'escoussuro en V en bout de chaque oreille. 

A mon fils, Léo, passionné de taureaux, ainsi qu'aux accueillants Saintois Jean-Luc, Marie-Line, Julien et Marie.  M. G. 12 septembre 2008.
 

 

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Marie-Line 14/09/2008 10:08

J'espère que cet extrait éveillera quelques curiosités chez les personnes qui ne connaissent pas cette magnifique région qui m'a accueillie moi qui suis du Nord.
Merci d'en avoir touché quelques mots.
Bises.
Marie-Line

marie 14/09/2008 09:36

il est drôlement beau ton texte !
Je crois que Léo s'est découvert une véritable passion !
Elles sont pas belle mes arènes ? hiiiiin
Juste a admirer la course camarguaise a ne pas confondre avec coridda ! Groos biisous
Marie